Participants

Aanza, Sinzo

  • Sinzo Aanza
  • Writer and Artist, The Democratic Republic of the Congo
  • Abstract Title: Plaidoirie pour vendre le Congo—Pourquoi je vis le monde comme je l’écris, ou le choix d’une fiction absolue

Bio: Sinzo Aanza est un photographe, artiste visuel et écrivain congolais dont le travail porte sur la radicalité des fictions, interrogeant les manières de raconter, de dire et d’agir dans les fictions sociales instituées, comme son pays, le Congo, mais aussi des fictions en mouvement comme les idéaux, la virtualité technologique, les fictions marginales comme l’image de soi, les fictions englobantes comme les communautés politiques et religieuses, etc., pour peu que ces fictions déterminent et nourrissent une identification, un rapport au monde et l’être-au-monde de leurs créateurs, de leurs animateurs ou de leurs adhérents. Sinzo écrit des nouvelles, des romans, de la poésie et des pièces de théâtre et son travail littéraire a été présenté au  Festival Ça se passe à Kin, à Halle de la Gombé de Kinshasa, au Centre Wallonie Bruxelles de Kinshasa, à Halle de l’Etoile de Lubumbashi, au Tarmac des auteurs de Kinshasa, à la Maison de la poésie de Paris, aux Récréâtrales de Ouagadougou, aux Praticables de Bamako, à l’Université de Milan, à l’Université Rutgers du New Jersey, au Litheraturhaus de Stuttgart, au Festival d’Avignon, au TNG de Lyon, au Tarmac de Paris, au Kulturfabrik au Luxembourg, à l'Espace Bernard-Marie Koltès à Metz, etc. Sinzo expose de la photographie et des installations au Congo (Biennale de Lubumbashi), en France (Rencontres d’Arles, Biennale de Lyon, MIAM de Sète, Cité de l’architecture et du patrimoine, Galerie Imane Farès), en Belgique (WIELS) et en Suisse (Museum Rietberg Zurich) 

Abstract (Résumé): La violente expression « coeur des ténèbres » continue d’accompagner le Congo, elle est pour plusieurs personnes issues de ce coin du monde, l’image de la désillusion et de la maturité morale et intellectuelle. Dans sa fameuse nouvelle, Joseph Konrad ne voit pas les Congolais. Leur corps productifs et gémissants sont un décor comme peuvent l’être des nuages ou l’ombre d’une forêt. C’est lorsqu’on réalise que l’on n’est pas regardé et que, quand bien même l’on serait regardé, on n’est pas vu pour autant, que commence une mise au monde, une sorte de seconde naissance s’exprimant par la parade et l’extravagance de la sapologie par exemple, par le confinement dans l’ambition artistique, poétique ou intellectuelle, par la connivence et le choix de ne plus voir à son tour, bref par plusieurs formes d’exil. Cette adresse reviendra sur la conscience politique congolaise du regard vide posé sur le “Congo des crimes” comme sur une fosse béante et sombre depuis les Red Rubbers jusqu’aux massacres répétitifs de Beni et sur la poésie de fictions radicales comme unique lieu pour la vie.